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jeudi 3 octobre 2013

O comme... Olds (Robin)

Pilote de l'USAF et commandant de la 8th Tactical Fighter Wing en 1966-1967. Né en 1922 à Honolulu, Olds est le fils d'un général de l'USAAF. Sorti de West Point en 1943, Robin Olds devient une légende de la chasse américaine avec 17 appareils abattus à son palmarès, pendant la Seconde Guerre mondiale et au Viêtnam. Volant d'abord sur P-38, il effectue plus d'une centaine de missions de combat, descend 13 appareils et en abat 11,5 de plus au sol. Au Viêtnam, sur F-4 Phantom II, il détruit avec des missiles air-air 2 MiG-17 et 2 MiG-21 au-dessus du Nord-Viêtnam.

Il prend la tête de la 8th TFW sur la base thaïlandaise d'Ubon, de septembre 1966 à décembre 1967. Il conçoit l'opération Bolo qui permet à l'USAF d'abattre 7 MiG-21 le 2 janvier 1967. Les Nord-Viêtnamiens reconnaissent la perte de 5 avions et le futur as du Nord, Nguyen Van Coc, aurait été abattu pendant ce combat. Olds n'a jamais été quant à lui descendu ou blessé. Promu général en juin 1968, il dirige les cadets de l'académie de l'USAF avant de prendre sa retraite en 1973. Il s'est souvent opposé à sa hiérarchie car il était partisan de l'aviation tactique et de l'entraînement des pilotes, et non de la puissance stratégique via les armes nucléaires. Il est mort en 2007 dans le Colorado.


Pour en savoir plus :

James H. WILLBANKS, "Olds, Robin", in Spencer C. TUCKER (éd.), THE ENCYCLOPEDIA OF THE VIETNAM WAR. A Political, Social, and Military History, Second Edition, ABC-Clio, 2011, p.862-863.

mercredi 2 octobre 2013

N comme... napalm

L'une des principales armes incendiaires de l'armée américaine pendant la guerre du Viêtnam, qui attira aussi les protestations de l'opinion en étant désignée comme une "arme de terreur". Le napalm est une essence gélifiée au moyen de deux produits en particulier, les naphténate et palmitate d'aluminium, bien que les composants aient changé avec le temps. Le professeur Louis Fieser, de l'université d'Harvard, a dirigé le programme qui a mis au point cette essence gélifiée pendant la Seconde Guerre mondiale, le 1er novembre 1943. Le napalm brûle plus longtemps que l'essence ordinaire et se disperse mieux, ce qui augmente la probabilité de toucher les cibles visées. L'armée américaine commence à employer le napalm à la fin de la Seconde Guerre mondiale avec des bombes aériennes ou dans les lance-flammes. Sur les bombes, il faut un déclencheur qui prend généralement la forme d'un explosif type TNT entouré de phosphore blanc.

Le napalm-B, utilisé pendant la guerre du Viêtnam, n'a pas la même composition. Il comprend 50% de polystyrène, 25% de benzène et 25% d'essence : c'est un gel plus épais, développé sur la base de l'Air Force d'Eglin, en Floride, par la compagnie chimique Dow. Le napalm-B brûle jusqu'à 850 degrés Celsius et se consume pendant 15 minutes, deux à trois fois le temps du premier mélange. En outre il se disperse sur une surface deux fois plus grande. Le napalm-B colle à pratiquement tout et il est impossible de s'en défaire, raison pour laquelle l'US Air Force l'adopte comme sa principale arme incendiaire en 1966. Pendant la guerre du Viêtnam, 10% des munitions larguées par les appareils tactiques, soit 400 000 tonnes, sont composés de bidons de napalm. Les combattants ou les civils visés par une attaque au napalm meurent non seulement carbonisés mais aussi asphyxiés au monoxyde de carbone, car le napalm brûle en explosant tout l'oxygène de l'air. Seuls ceux étant sur les bords du périmètre de l'explosion peuvent espérer survivre, avec de sévères brûlures puisque le napalm fait fondre la peau.

8 juin 1972, district de Tran Bang, dans la province de Tay Ninh, au nord-ouest de Saïgon. Les Nord-Viêtnamiens, en pleine offensive de Pâques pour faire tomber le Sud-Viêtnam, se sont emparés de Tran Bang. L'aviation sud-viêtnamienne intervient et bombarde la place pour déloger les Nord-Viêtnamiens. Un appareil confond malheureusement un groupe de soldats sud-viêtnamiens et de civils avec l'ennemi et largue des bidons de napalm sur eux. Le photographe Nick Ut, de l'AP, prend le cliché de Kim Phuc, une des enfants brûlées par l'explosion. La photo obtient le prix Pullitzer 1972. Les images, elles, ont été tournées par Alan Downes, un Britannique d'ITN, et par un Sud-Viêtnamien travaillant pour NBC.


 

Le mouvement anti-guerre s'empare du napalm dans le cadre de la contestation et vise en particulier la compagnie Dow, qui finit par perdre la production du liquide en 1969. Mais l'armée américaine continue à le produire et à s'en servir jusqu'à la fin de la guerre.


Pour en savoir plus :


Mitchell K. HALL, "Napalm", in Spencer C. TUCKER (éd.), THE ENCYCLOPEDIA OF THE VIETNAM WAR. A Political, Social, and Military History, Second Edition, ABC-Clio, 2011, p.788-790.

vendredi 27 septembre 2013

F comme... Farm Gate (opération)

Cette opération est ordonnée par le président Kennedy le 11 octobre 1961 : l'USAF envoie un détachement de combat au Sud-Viêtnam, pour contrecarrer l'insurrection communiste. Elle forme le 4400th Combat Crew Training Squadron, surnommé "Jungle Jim", et qui fait appel à de vieux appareils à hélice pour former les pilotes viêtnamiens et mener des missions d'appui limitées. Les 155 hommes et officiers du détachement 2A de l'opération Farm Gate arrivent à Bien Hoa en novembre 1961. D'abord cantonnés à l'entraînement les 8 T-28, les 4 A-26 Invaders et les 4 C-47 se retrouvent employés au combat et à d'autres tâches de soutien.

Bientôt, Farm Gate inclut aussi des vols de reconnaissance et de soutien logistique pour les Special Forces. Le 6 décembre 1961, l'état-major conjoint de l'armée américaine autorise les appareils à mener des missions de combat, à condition qu'au moins un membre d'équipage viêtnamien soit présent à bord, pour justifier de "l'entraînement". Les T-28 et les B-26 deviennent l'ossature de l'effort, mais les pilotes, cantonnés aux missions que les Viêtnamiens ne peuvent accomplir, mal ravitaillés, mal logés, connaissent une chute de moral.

Le 31 décembre 1962, le président Kennedy introduit des changements structurels. En juillet 1963, le squadron devient le 1st Air Commando Squadron (Provisional), rattaché à la flotte aérienne du Pacifique. Il comprend 2 sections d'attaque avec 10 B-26 et 13 T-28 plus des sections de soutien avec 4 U-10 et 6 C-47, à Bien Hoa. Il y a aussi des détachements de B-26 à Pleiku et Soc Trang. Le nom de l'opération est conservé. Mais même ainsi, les appareils ne peuvent remplir la tâche : entre mai et août 1964, plus de 400 demandes de soutien aérien ne peuvent être honorées. Les appareils souffrent du manque de pièces détachées et les ailes des B-26 posent aussi problème. Finalement les B-26 et les T-28 sont remplacés par des A-1E Skyraiders. L'engagement américain, qui se fait de plus en plus important, aboutit à la formation d'une deuxième unité, le 602th Air Commando Squadron, sur Skyraiders, en octobre 1964, à Bien Hoa.

En mars 1965, avec l'intervention directe des Etats-Unis, la présence obligatoire d'un Viêtnamien est levée, les appareils remplacent les marquages sud-viêtnamiens par des marquages américains. Les 2 squadrons de Skyraiders effectuent désormais 80% des missions en soutien de l'ARVN. Avec l'augmentation de la présence américaine en 1966, le rôle de Farm Gate décline. Un des squadrons gagne Nha Trang puis la Thaïlande, l'autre Pleiku. L'opération s'annule d'elle-même quand ce second squadron rejoint aussi la Thaïlande fin 1967. Les Air Commando vont trouver à s'employer dans le cadre d'une autre contre-insurrection, au Laos cette fois.


Pour en savoir plus : 


William M. LEARY, "Farm Gate, Operation", in Spencer C. TUCKER (éd.), THE ENCYCLOPEDIA OF THE VIETNAM WAR. A Political, Social, and Military History, Second Edition, ABC-Clio, 2011, p.358-359.