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mercredi 12 février 2014

Le M72 LAW : le lance-roquettes antichar jetable

Les Nord-Viêtnamiens, puis le Viêtcong, disposent pendant la guerre du Viêtnam des RPG pour lutter contre les blindés américains (RPG-2 puis RPG-7. Dès 1963, les Américains mettent en service une arme antichar plus légère, jetable après un seul tir, le M72 LAW (Light Antitank Weapon). L'arme est composée de tubes : pour ouvrir le feu, le tube intérieur doit être tiré, pour activer le mécanisme de tir. Le LAW expédie une roquette de 66 mm avec une tête à charge HEAT, qui peut pénétrer aussi bien l'acier que le béton ou la terre. Le propulseur brûle entièrement dans le tube ; il n'y a pas de recul, mais le tir dégage une forte chaleur à l'arrière du lance-roquettes.

Jusqu'en février 1968, les soldats américains utilisent le LAW contre les bunkers. C'est avec le premier emploi de chars, des PT-76 légers amphibie, lors de l'attaque du camp des Special Forces à Lang Vei, près de Khe Sanh, pendant l'offensive du Têt, que les Américains emploient pour la première fois le LAW dans son rôle antichar. En avril 1972, à An Loc, les LAW distribués aux forces régionales et populaires contribuent à stopper les blindés nord-viêtnamiens qui pénètrent dans la ville. De nombreux T-54 sont détruits par des volontaires armés de M72. Bien que dépassé par le SMAW israëlien puis le AT-4 suédois, le LAW apprécié pour sa légèreté et son caractère compact a encore été utilisé en Irak.




Pour en savoir plus :


Jon GUTTMAN, "M72 LAW : The Disposable Tank Killer", Vietnam Magazine, Vol. 22 No 1, juin 2009, p.15.



mercredi 13 novembre 2013

James H. WILLBANKS, The Battle of An Loc, Indiana University Press, 2005, 227 p.


Après avoir refait la fiche de l'ouvrage du général Lam Quang Thi qui donnait un point de vue sud-viêtnamien sur la bataille d'An Loc (1972), je reviens sur un "classique" à propos de cette même bataille, l'ouvrage de l'historien américain James H. Willbanks. Willbanks, ancien lieutenant-colonel de l'US Army devenu historien, a participé lui-même, en tant que conseiller auprès de l'armée sud-viêtnamienne, à la bataille. Il avait signé, en 1993, un premier papier pour Combat Studies Institute, sur la bataille d'An Loc. Après avoir écrit un ouvrage sur les dernières années de la guerre du Viêtnam et la viêtnamisation, Willbanks revient à la bataille d'An Loc en utilisant des sources américaines, sud-viêtnamiennes et surtout nord-viêtnamiennes, qui sont désormais davantage disponibles. On sent cependant à la lecture de l'introduction que Willbanks cherche surtout à insister sur la participation américaine à la bataille, celle des conseillers militaires et de l'aviation, essentiellement.

Le premier chapitre rappelle le développement de l'armée sud-viêtnamienne après le retrait américain, progressif, dès 1969. La situation de l'ARVN est peut-être vue sous un angle un peu trop optimiste, même si l'historien rappelle la débâcle de l'opération Lam Son 719 au Laos en février 1971 (mais a contrario valorise sans doute un peu trop l'incursion cambodgienne d'avril-mai 1970). Le retrait américain continue : en mars 1972, il ne reste plus que deux brigades au Sud-Viêtnam (3rd Brigade, 1st Cavalry Division à Bien Hoa et la 196th Light Infantry Brigade à Da Nang). Il reste aussi un peu plus de 5 000 conseillers auprès de l'armée sud-viêtnamienne. L'USAF maintient encore cependant plus d'une centaine d'appareils et l'US Navy dispose aussi de deux porte-avions dans le golfe du Tonkin. Au départ, Américains et Sud-Viêtnamiens ne croient pas à une offensive d'envergure en 1972, et ne s'y rallie qu'au printemps de cette même année : ils pensent que l'effort portera sur les deux zones tactiques du nord du pays (I et II) avec un effort moindre autour de Saïgon.
 

lundi 7 octobre 2013

Q comme... Quang Tri (bataille de)

L'une des trois pinces de l'offensive nord-viêtnamienne de Pâques 1972. L'assaut sur Quang Tri est préparé par les tirs de canons de 130 et 152 mm placés juste au nord de la zone démilitarisée. Le 30 mars 1972, l'armée nord-viêtnamienne monte à l'assaut avec plus de 200 blindés, essentiellement des chars T-54 et PT-76, à travers la zone démilitarisée et via l'ouest, par Khe Sanh. 4 divisions déferlent dans la province de Quang Tri.

La 3rd Infantry Division de l'ARVN, nouvellement formée, qui couvre la province, est mise en déroute par l'attaque et beaucoup d'hommes se débandent. En outre, des frictions ont lieu entre les fantassins de l'ARVN et les Marines sud-viêtnamiens qui opèrent dans le secteur. La défense de la province de Quang Tri est fragile dès le départ. En outre, les deux premières semaines de l'offensive voient un temps bouché qui empêchent le soutien aérien rapproché américain. Par contre, à la mi-avril, les B-52 interviennent en force.

Mais les Nord-Viêtnamiens traversent en force la rivière Cam Lo-Cua Viêt et attaquent Quang Tri City de trois côtés, tandis qu'une puissante artillerie matraque l'ARVN au sud de la ville. Le 27 avril, la météo se dégrade et la division nord-viêtnamienne 304 repart à l'attaque. Des milliers de réfugiés sud-viêtnamiens fuient sur la route n°1, vers Hué. L'artillerie nord-viêtnamienne pilonne la ville et la route. Les morts sont si nombreux que les Sud-Viêtnamiens baptisent une portion de la route "la route des horreurs". Les Nord-Viêtnamiens s'emparent de Dong Ha le 28 avril et, finalement, de Quang Tri City le 1er mai 1972, et du reste de la province deux jours plus tard.

L'offensive nord-viêtnamienne se trouve ensuite dans l'impasse. A la fin de l'été, appuyé par les B-52 et avec un commandement supérieur renouvelé, les Sud-Viêtnamiens partent à la contre-offensive. Il faut des semaines de combats de rues pour reprendre Quang Tri City, le 15 septembre. Le lendemain, le drapeau sud-viêtnamien est hissé sur la Citadelle. La ville a été ravagée par les combats. L'ARVN a perdu près de 1 000 tués et plus de 4 000 blessés, et estime avoir tué plus de 8 000 Nord-Viêtnamiens. La bataille de Quang Tri et les succès remportés à Kontum et An Loc brisent l'offensive de Pâques de Hanoï. Les Nord-Viêtnamiens ont perdu en tout plus de 10 000 tués dans la province de Quang Tri, l'ARVN y laissant 2 000 morts et 9 000 blessés.


Pour en savoir plus :



James H. WILLBANKS, "Quang Tri City", in Spencer C. TUCKER (éd.), THE ENCYCLOPEDIA OF THE VIETNAM WAR. A Political, Social, and Military History, Second Edition, ABC-Clio, 2011, p.952-953.