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dimanche 15 septembre 2013

Le Vietnamese Marine Corps (1956-1968)

A leur départ, en 1954, les Français laissent en Indochine l'armée viêtnamienne qu'ils avaient commencé à former, notamment les forces fluviales et les commandos qui ont opéré avec eux. Ces unités avaient notamment contribué aux fameuses Dinassaut (Divisions Navales d'Assaut). Les commandos sont regroupés en deux bataillons à Nha Trang, une fois la partition du Viêtnam effectuée. Le 1er octobre 1954, ils sont désignés pour être l'infanterie de marine de la Vietnamese Navy. Le corps devient le Vietnamese Marine Corps le 1er avril 1956, avec un Marine Group fort de deux bataillons. En 1961, les Marines sud-viêtnamiens font partie de la réserve générale de l'ARVN. De plus en plus employés, l'effectif des Marines est porté à une brigade de 5 000 hommes en 1962. Le rôle politique du Vietnamese Marine Corps (VNMC) s'accroît au fur et à mesure de la participation aux coups d'Etats de 1960, 1963 et 1964.

La formation et l'entraînement des Marines ne sont pas tributaires de l'armée de terre. Les officiers et les hommes sont notamment formés aux côtés de leurs homologues américains à Quantico, en Virginie. Sur les 565 000 hommes de l'armée sud-viêtnamienne en 1965, seuls 6 500 font partie des Marines. Le total est porté à 15 000 en 1973. En 1965, la Marine Brigade comprend un QG de corps, 2 QG de Task Force (A et B), 5 bataillons d'infanterie, 1 bataillon d'artillerie, des unités du génie, de transport terrestre, de police médicale, sanitaire et de reconnaissance. Le QG est à Saïgon avec d'autres installations Song Than, Thu Duc et Vung Tau. La brigade est commandée par un colonel qui chapeaute aussi le corps des Marines. A ce moment-là ceux-ci sont séparés de la marine et sont à la disposition du haut-commandement de l'armée. Une équipe de 28 conseillers américains des Marines encadrent le corps et des conseillers sont présents au niveau du bataillon.

En 1966, les Marines créent un autre bataillon et forment d'autres unités pour améliorer la combinaison des armes intrinsèque. L'effectif passe à une division de deux brigades en 1968. En 1970, il y aura trois brigades, 9 bataillons d'infanterie et 3 d'artillerie. En 1975, au moment de l'offensive finale du Nord, une quatrième brigade sera créée avec 3 bataillons d'infanterie supplémentaires. Avant l'intervention directe des Américains en 1965, les Marines opèrent par bataillon dans les zones tactiques des IIIème et IVème corps, autour de Saïgon et dans le delta du Mékong. Ce n'est qu'à partir de 1965 qu'ils sont déplacés dans les zones tactiques du Ier et du IIème corps, où les combats gagnent en intensité. Les Marines opèrent désormais avec plusieurs bataillons en coordination. Ils combattent par exemple dans la province côtière de Binh Dinh en avril 1965. Entre 1966 et 1968, les Marines sont surtout dans la zone tactique du Ier corps, aux côtés de leurs camarades américains. Ils sont en première ligne pendant 75% du temps, ce qui confirme leur statut de troupes d'élite : d'ailleurs ils jouent un grand rôle dans l'offensive du Têt à Saïgon ou Hué.


Pour en savoir plus :


Charles D. MELSON et Paul HANNON, Vietnam Marines 1965-73, Elite 43, Osprey, 1992.

mardi 3 septembre 2013

Mon livre, mon livre, rends-moi mes cartes ! (3)

Je vous propose ce matin une troisième carte parmi celles ne figurant malheureusement pas dans mon ouvrage. Celle-ci est à mon avis un manque important car il s'agit d'une carte sommaire des environs de la base de Khe Sanh.



Je consacre en effet un chapitre entier au siège, sans parler des préliminaires : il est donc regrettable que le lecteur ne puisse pas repérer les éléments principaux du terrain, souvent cités, pour s'y retrouver. On distingue donc sur la carte la route n°9, qui longe le chapelet de positions fortifiées américaines au sud de la zone démilitarisée : c'est la fameuse "ligne McNamara", censée empêcher les infiltrations de Nord-Viêtnamiens au sud. Khe Sanh est à l'extrêmité ouest du dispositif : on distingue d'ailleurs la frontière avec le Laos près de Lang Vei.

La base de Khe Sanh est située sur un plateau au nord du village lui-même. La rivière Rao Quan constitue la seule source en eau potable et coule à travers une vallée environnée de hauteurs, au nord et au nord-ouest de la base, que les Marines vont s'efforcer de conserver. Les collines 881 Nord et Sud et 861 ont fait l'objet de la fameuse "bataille des collines", en avril-mai 1967.

Les Special Forces qui tenaient initialement Khe Sanh ont déménagé à Lang Vei, où un camp de CIDG (Civil Irregular Defense Group) a été bâti à proximité du village du même nom. Le camp est pris par les Nord-Viêtnamiens dans la nuit du 6 au 7 février 1968 grâce à l'utilisation de chars légers amphibie PT-76 soviétiques, la première utilisation de chars par Hanoï durant le conflit.