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mardi 10 septembre 2013

Mon livre, mon livre, rends-moi mes cartes ! (4)

On poursuit dans les cartes malheureusement absentes du livre avec la quatrième, qui montre l'attaque initiale des Nord-Viêtnamiens et du Viêtcong sur la ville de Hué, le 31 janvier 1968.



Le livre ne comporte que la carte montrant la reconquête de la ville au 15 février (p.154), au moment où la rive sud a déjà été nettoyée par les Américains, et alors que la bataille fait rage autour de la citadelle.

Sur cette carte, on distingue la rivière des Parfums (Song Huong) qui coupe en deux parties la ville de Hué. Au sud, la ville moderne, avec des bâtiments importants comme la cathédrale, l'université, la prison et le centre administratif provincial. Au nord l'imposante citadelle, où se tient le palais impérial, et des quartiers résidentiels. Le complexe des conseiller du MACV se situe dans la partie sud, tandis que le QG de la 1st Infantry Division de l'ARVN, qui cantonne à Hué, est au nord-est de la citadelle.

Au matin du 31 janvier, comme on peut le voir sur la carte, plusieurs régiments nord-viêtnamiens renforcés d'un bataillon de sapeurs viêtcong investissent Hué. Le 4ème régiment s'attaque à la partie sud, qui est complètement submergée à l'exception du complexe des conseillers américains, qui résiste. Les Nord-Viêtnamiens établissent aussi des barrages vers le sud pour prévenir l'arrivée des renforts. Le 6ème régiment nord-viêtnamien attaque au nord, sur la vieille ville, s'empare de la citadelle et du palais impérial, où est hissé sur le mât le drapeau rouge, bleu et à l'étoile jaune du Front National de Libération. Mais les Nord-Viêtnamiens ne peuvent venir à bout de la compagnie Hac Bao, les Panthères Noires, force de réaction rapide de la 1st Infantry Division, qui protège les abords de l'aérodrome de Tay Loc. Ni du QG de la 1st Infantry Division. Ces points de résistance vont devenir les bases de la contre-offensive américaine et sud-viêtnamienne : c'est donc là que réside l'échec principal des assaillants.

En dehors de la carte, le 5ème régiment nord-viêtnamien couvre les approches nord et ouest de Hué et forme l'anneau extérieur de la défense. C'est dans ce régiment que le bataillon de la 1st Cavalry Division parti de la base PK 17 (à 17 km au nord de Hué) pour désserrer l'étau vient buter, manquant d'être anéanti.

mardi 3 septembre 2013

Mon livre, mon livre, rends-moi mes cartes ! (3)

Je vous propose ce matin une troisième carte parmi celles ne figurant malheureusement pas dans mon ouvrage. Celle-ci est à mon avis un manque important car il s'agit d'une carte sommaire des environs de la base de Khe Sanh.



Je consacre en effet un chapitre entier au siège, sans parler des préliminaires : il est donc regrettable que le lecteur ne puisse pas repérer les éléments principaux du terrain, souvent cités, pour s'y retrouver. On distingue donc sur la carte la route n°9, qui longe le chapelet de positions fortifiées américaines au sud de la zone démilitarisée : c'est la fameuse "ligne McNamara", censée empêcher les infiltrations de Nord-Viêtnamiens au sud. Khe Sanh est à l'extrêmité ouest du dispositif : on distingue d'ailleurs la frontière avec le Laos près de Lang Vei.

La base de Khe Sanh est située sur un plateau au nord du village lui-même. La rivière Rao Quan constitue la seule source en eau potable et coule à travers une vallée environnée de hauteurs, au nord et au nord-ouest de la base, que les Marines vont s'efforcer de conserver. Les collines 881 Nord et Sud et 861 ont fait l'objet de la fameuse "bataille des collines", en avril-mai 1967.

Les Special Forces qui tenaient initialement Khe Sanh ont déménagé à Lang Vei, où un camp de CIDG (Civil Irregular Defense Group) a été bâti à proximité du village du même nom. Le camp est pris par les Nord-Viêtnamiens dans la nuit du 6 au 7 février 1968 grâce à l'utilisation de chars légers amphibie PT-76 soviétiques, la première utilisation de chars par Hanoï durant le conflit.

mercredi 28 août 2013

Mon livre, mon livre, rends-moi mes cartes ! (2)

Retour sur la question des cartes dans le livre. Aujourd'hui, je vous propose une deuxième carte retouchée qui ne figure pas, malheureusement, parmi celles de l'ouvrage : elle détaille le secteur de la zone tactique du Ier corps, la partie nord du Sud-Viêtnam, juste au sud de la zone démilitarisée. Ces 5 provinces sont un enjeu clé du conflit de par leur proximité avec le Nord-Viêtnam, par la frontière avec le Laos où passe la fameuse piste Hô Chi Minh et où l'on trouve plusieurs grandes villes importantes du pays, Hué, Da Nang et Quang Tri en particulier.

On distingue aussi sur cette carte combien le Sud-Viêtnam, pays en développement au moment de la guerre du Viêtnam, manque d'infrastructures de transport, en particulier routières. La route n°1, qui longe la côte jusqu'au sud, et la route n°9, qui n'est qu'un chemin aménagé et qui conduit jusqu'au Laos, sont d'une importance cruciale pour les déplacements américains ou sud-viêtnamiens. Autre élément à noter : la vallée d'A Shau, au sud-ouest de Hué, qui devient un sanctuaire logistique nord-viêtnamien adossé au Laos dès 1966. Les Américains ne réussiront jamais à nettoyer cette vallée et plusieurs opérations "search and destroy" s'y casseront les dents, comme l'opération Delaware de la 1st Cavalry Division, en avril 1968, juste après l'opération Pegasus pour dégager Khe Sanh, qui se heurtera à une sérieuse opposition. C'est également dans cette vallée qu'a lieu, en mai 1969, la fameuse bataille de la montagne Dong Ap Bia (colline 937 pour les Américains), baptisée "Hamburger Hill".

samedi 24 août 2013

Mon livre, mon livre, rends-moi mes cartes ! (1)

Un billet aujourd'hui pour aborder l'un des problèmes qui se posent aux auteurs de livres d'histoire militaire : celui des cartes. Je suis toujours attentif dans mes recensions d'ouvrages à relever le nombre suffisant ou non de cartes et leur placement judicieux dans l'ouvrage. Pour mon premier livre, je m'étais dit que je me ferai un point d'honneur à en mettre beaucoup, afin de ne pas critiquer en vain les autres -charité bien ordonnée commence par soi-même...

C'est ainsi que j'avais proposé, initialement, 15 à 20 cartes (!) pour L'offensive du Têt. Malheureusement, les contraintes éditoriales ont fait que seules 5 ont été retenues, ce qui est à mon avis bien insuffisant pour visualiser l'ensemble des opérations... je me propose donc de disposer aussi, au fur et à mesure, les cartes utiles à la lecture, de façon à ce que le public puisse s'y reporter si besoin.

Les 5 cartes qui sont déjà présentes sont les suivantes (table des cartes p.11) : 

- Les zones tactiques au Sud-Viêtnam (p.36).
- La partie nord de la zone tactique du Ier corps (p.108).
- Carte générale de l'offensive du Têt (p.122).
- L'assaut sur Saïgon (p.130).
- La bataille de Hué (p.154).

La première carte hors-ouvrage que j'inclus ici est une adaptation de celle d'un ouvrage qui montre la présence militaire américaine dans les différentes provinces du Sud-Viêtnam pendant le conflit (faible, moyenne et forte). On distingue immédiatement les principaux champs de bataille du conflit : la partie nord, la zone tactique du Ier corps, près de la zone démilitarisée (où se trouvent Khe Sanh et Hué, par exemple) ; la partie nord-ouest de la zone tactique du IIème corps, les Hauts-Plateaux, avec notamment la province de Pleiku, où l'armée nord-viêtnamienne est présente en force dès 1965 (bataille de Ia Drang), et la province de Binh Dinh, côtière, une place forte du Viêtcong ; enfin, les environs de la capitale, Saïgon (zone tactique du IIIème corps) et en particulier les provinces de Tay Ninh et de Hau Nghia). Ces trois secteurs ont concentré la plupart des affrontements d'envergure de la guerre du Viêtnam.